Visite de reprise 2026 et pré-reprise : ce qui change depuis le 15 juin 2026
Par Élise · Freelance RH & Paie · Co-fondatrice d’ElanCommun | Temps de lecture : 6 min | Mis à jour : juin 2026
Le décret n° 2026-503 du 12 juin 2026 fait évoluer les règles des visites de pré-reprise et de reprise pour les employeurs. Ces changements s’appliquent à tous les arrêts de travail délivrés à compter du 15 juin 2026. Pour les employeurs de TPE et PME, cela implique de revoir leur process de suivi des visites médicales après arrêt, et de mieux articuler pré-reprise et reprise.
Voici ce qui change concrètement pour la visite de reprise 2026, et comment adapter votre suivi.
Sommaire
- Rappel : à quoi servent ces visites ?
- Ce qui change avec le décret du 15 juin 2026
- Les conditions de dispense de visite de reprise
- Les visites médicales après arrêt : le tableau de bord complet
- Comment mettre à jour votre process de suivi
- Outil : suivre vos arrêts et visites médicales sans rien oublier
- FAQ
1. Rappel : à quoi servent ces visites ?
La visite de pré-reprise
Organisée à l’initiative du salarié, du médecin traitant ou du médecin-conseil, pendant l’arrêt de travail, avant le retour effectif. Elle permet d’anticiper les conditions du retour, d’envisager des aménagements de poste, un reclassement ou une adaptation du temps de travail.
Elle est possible dès 30 jours d’arrêt.
La visite de reprise
Organisée par l’employeur au retour du salarié, dans les 8 jours suivant la reprise. Elle permet au médecin du travail de vérifier que le poste est compatible avec l’état de santé du salarié, et le cas échéant de proposer des aménagements.
Elle est obligatoire dans les cas suivants :
- Après un congé maternité
- Après une absence pour maladie professionnelle
- Après un accident du travail d’au moins 30 jours
- Après une maladie ou accident non professionnel d’au moins 60 jours
2. Ce qui change avec le décret du 15 juin 2026
Le décret fait évoluer deux points distincts :
Point 1 — L’employeur est désormais informé de la tenue de la pré-reprise
Avant le décret : l’employeur n’était informé que si le médecin du travail formulait des recommandations à l’issue de la visite de pré-reprise.
Depuis le 15 juin 2026 : l’employeur est informé de l’organisation de la visite de pré-reprise, même en l’absence de recommandations, sauf si le salarié s’y oppose expressément.
Ce que ça change pour vous vous pouvez désormais anticiper le retour du salarié dès la pré-reprise, organiser les aménagements nécessaires, et préparer l’accueil, même si le médecin n’a formulé aucune préconisation particulière.
Point 2 — Une dispense de visite de reprise est désormais possible
C’est la nouveauté la plus significative. Dans certaines conditions, la visite de reprise 2026 n’est plus obligatoire si une pré-reprise a eu lieu récemment. L’objectif : éviter deux examens successifs portant sur la même situation.
3. Les conditions de dispense de visite de reprise
La visite de reprise peut être écartée si les deux conditions suivantes sont réunies simultanément :
| Condition | Détail |
|---|---|
| 1. Visite de pré-reprise récente | Le salarié a bénéficié d’une visite de pré-reprise dans les 30 jours précédant la reprise effective |
| 2. Aucune mesure préconisée | Le médecin du travail a conclu lors de cette pré-reprise qu’aucune mesure individuelle d’aménagement, d’adaptation ou de transformation du poste, ni aucun aménagement du temps de travail n’était nécessaire |
Attention si l’une de ces deux conditions n’est pas remplie, la visite de reprise reste obligatoire dans les 8 jours suivant la reprise. Par ailleurs, même si les deux conditions sont réunies, l’employeur, le médecin du travail ou le salarié conservent la faculté de demander une visite de reprise.
4. Les visites médicales après arrêt : le tableau de bord complet
Voici le récapitulatif complet des visites médicales liées aux arrêts de travail, mis à jour avec les nouvelles règles :
| Type de visite | Qui l’organise | Quand | Conditions |
|---|---|---|---|
| Visite de pré-reprise | Salarié, médecin traitant ou médecin-conseil | Pendant l’arrêt, dès 30 jours | Facultative, à l’initiative du salarié ou des médecins |
| Information employeur | Service de santé au travail | Après la pré-reprise | Automatique sauf opposition du salarié (nouveauté 2026) |
| Visite de reprise | Employeur | Dans les 8 jours après la reprise | Obligatoire selon les cas (congé maternité, AT +30j, maladie +60j) |
| Dispense de reprise | N/A | N/A | Possible si pré-reprise dans les 30 jours + aucune préconisation + aucune demande (nouveauté 2026) |
| Visite périodique (VIP) | Employeur / Service SST | Selon périodicité fixée par le médecin | 5 ans max pour les salariés en régime général |
| Visite périodique (profils vulnérables) | Employeur / Service SST | Selon périodicité fixée par le médecin | 3 ans max pour travailleurs de nuit, handicapés, titulaires d’une pension d’invalidité |
| SIR — postes à risque réels (amiante, CMR, agents biologiques, hyperbare, chute hauteur échafaudage…) | Employeur / Service SST | Avant prise de poste puis périodique | Examen d’aptitude tous les 4 ans max + visite intermédiaire à 2 ans |
| Ex-SIR — habilitation électrique / autorisation de conduite (depuis le 1er oct. 2025) | Employeur / Service SST | Avant prise de poste puis périodique | Plus de SIR : passage en suivi simple (5 ans) + attestation de non-contre-indication médicale valable 5 ans (décret n° 2025-355 du 18 avril 2025) |
Les seuils à retenir
| Type d’arrêt | Visite de pré-reprise possible | Visite de reprise obligatoire |
|---|---|---|
| Maladie non professionnelle | Dès 30 jours | À partir de 60 jours |
| Accident non professionnel | Dès 30 jours | À partir de 60 jours |
| Accident du travail | Dès 30 jours | À partir de 30 jours |
| Maladie professionnelle | Dès 30 jours | Sans condition de durée |
| Congé maternité | Non applicable | Sans condition de durée |
5. Comment mettre à jour votre process de suivi
Ces évolutions supposent de revoir votre façon de suivre les arrêts de travail dans votre entreprise. Voici les adaptations pratiques à mettre en place.
Ce que vous devez faire dès maintenant
Pour les arrêts délivrés à partir du 15 juin 2026 :
☐ Suivre la durée de chaque arrêt pour déclencher les visites au bon moment
☐ Surveiller les informations transmises par le service de santé au travail sur l’organisation de la pré-reprise
☐ Vérifier, à l’approche du retour, si une visite de pré-reprise a eu lieu dans les 30 derniers jours
☐ Contrôler si le médecin a formulé des recommandations ou non
☐ Décider (avec le salarié) si une visite de reprise est nécessaire malgré tout
☐ Si la visite de reprise s’impose, l’organiser dans les 8 jours suivant la reprise
Ce qu’il faut tracer
Pour chaque arrêt significatif (dès 30 jours), conservez dans le dossier du salarié :
- La date de début et de fin d’arrêt
- La nature de l’arrêt (maladie, AT, maladie professionnelle, maternité)
- La date de la visite de pré-reprise si elle a eu lieu
- Les conclusions du médecin du travail (recommandations ou absence de recommandations)
- La date de la visite de reprise si organisée, ou la justification de dispense
- Les éventuels aménagements de poste mis en place
Conseil terrain Ne vous fiez pas à votre mémoire pour suivre ces échéances. Un tableau de suivi des arrêts, mis à jour chaque mois, vous évite d’oublier une visite de reprise obligatoire. En cas d’oubli, vous ne pouvez pas invoquer un abandon de poste — et vous exposez votre responsabilité en cas d’accident à la reprise.
Besoin d’aide pour structurer votre suivi des arrêts et des visites médicales ?
6. Outil : suivre vos arrêts et visites médicales sans rien oublier
Ces nouvelles règles ajoutent une couche de complexité au suivi des arrêts de travail. Entre les seuils de durée, les dates de pré-reprise, les conclusions du médecin et les échéances de visite de reprise, garder le fil dans une TPE ou PME sans service RH structuré est un vrai défi.
Le Pack Suivi RH ElanCommun (69 €) inclut un fichier Excel dédié au suivi des arrêts de travail avec :
- ✅ Suivi de chaque arrêt avec calcul automatique de la durée et du type
- ✅ Alertes automatiques pour les visites médicales de reprise obligatoires
- ✅ Calcul des jours de carence et du complément employeur
- ✅ Tableau de bord absentéisme avec taux global et évolution mensuelle
Le pack contient également 4 autres fichiers Excel pour piloter l’ensemble de votre RH opérationnelle : congés payés, formations obligatoires, registre du personnel et tableau de bord RH global.
7. FAQ – Vos questions sur la visite de reprise 2026 et pré-reprise.
Ces nouvelles règles s’appliquent-elles aux arrêts déjà en cours au 15 juin 2026 ?
Non. Le décret s’applique aux arrêts de travail délivrés à compter du 15 juin 2026. Les arrêts en cours avant cette date continuent de suivre les anciennes règles.
La visite de reprise est-elle toujours obligatoire après un congé maternité ?
Oui, sans exception. La dispense ne s’applique pas au congé maternité. La visite de reprise reste obligatoire dans les 8 jours suivant le retour, quelle que soit la situation.
Le salarié peut-il s’opposer à ce que l’employeur soit informé de la pré-reprise ?
Oui. Si le salarié s’oppose expressément à cette information, l’employeur ne sera pas notifié de l’organisation de la visite de pré-reprise. Cette opposition doit être exprimée auprès du service de santé au travail.
Que se passe-t-il si l’employeur n’organise pas la visite de reprise obligatoire ?
Depuis la jurisprudence de la Cour de Cassation du 14 janvier 2026 (n° 24-19652), l’employeur qui n’organise pas la visite de reprise obligatoire ne peut pas invoquer un abandon de poste à l’encontre du salarié. Le contrat de travail reste suspendu tant que la visite n’est pas réalisée.
Peut-on demander une visite de reprise même si les conditions de dispense sont réunies ?
Oui. L’employeur, le salarié ou le médecin du travail peut demander une visite de reprise même si les trois conditions de dispense sont réunies. La dispense n’est pas automatique, elle suppose qu’aucune des trois parties ne la demande.
Une question sur les visites médicales ou le suivi des arrêts dans votre entreprise ?
À propos de l’auteure
Élise est freelance RH & Paie et co-fondatrice d’ElanCommun, une plateforme de ressources RH et logistiques conçue pour les dirigeants de TPE/PME. Avec plusieurs années d’expérience en gestion des ressources humaines et en administration du personnel dans l’industrie, elle accompagne les employeurs dans la structuration de leurs process RH. Retrouvez ses ressources sur elancommun.fr.
Cet article a été mis à jour en juin 2026. Les informations légales sont données à titre indicatif et peuvent évoluer. Sources : décret n° 2026-503 du 12 juin 2026 (Légifrance), entreprendre.service-public.gouv.fr (A18964, publié le 18 juin 2026), communication APST37 du 29 juin 2026, Cass. soc. 14 janvier 2026 (n° 24-19652), Code du travail (articles L4624-2, L4624-2-3, L4624-2-4, R4624-29).
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